La vie, la langue et le mode de vie dans les forêts tropicales de Papouasie-Nouvelle-Guinée
Depuis des générations, les habitants de cette région prennent soin de la forêt, entretenant un lien profond avec la terre, tout comme leurs ancêtres l'ont fait pendant des milliers d'années.
Depuis plus de 14 ans, nous collaborons avec des communautés incroyables dans les forêts tropicales de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
C’est leur moment de gloire. L’occasion de mieux connaître et de célébrer les personnes avec lesquelles nous travaillons, leur lien profond avec la forêt tropicale et le savoir qui assure sa pérennité.
La vie dans la forêt tropicale de Papouasie-Nouvelle-Guinée
La lumière du matin filtre à travers la canopée tandis que la fumée des feux de cuisine s'élève en volutes. Dans la forêt tropicale de Papouasie-Nouvelle-Guinée, une nouvelle journée commence au rythme de la vie. Des familles s'occupent de leurs jardins. Les enfants se préparent pour l'école. Les sons des communautés, intimement liées à la forêt tropicale qui les nourrit, résonnent.

Richesse culturelle et langue
La Papouasie-Nouvelle-Guinée abrite la troisième plus grande forêt tropicale du monde et possède une population d'une richesse culturelle exceptionnelle. Plus de 800 langues y sont parlées. Chaque communauté a ses propres histoires, chants, danses et visions du monde, transmis et adaptés de génération en génération.
Les habitants de Sololo, Kondu et Wadauda sont souvent appelés les « gens de la brousse » de la baie de Milne, une appellation qui évoque les magnifiques hauts plateaux isolés qui constituent leur foyer. Ces communautés parlent le kanasi, l'une des nombreuses langues uniques de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Le long de la côte, les Wabumari parlent le suau. Comme beaucoup d'autres à travers le pays, ils parlent aussi anglais, motu et tok pisin – trois des langues les plus répandues de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il est même courant de passer d'une langue à l'autre, voire à quatre, au cours d'une même conversation. Chaque langue est un lien avec la famille, la terre et le savoir.

Connaissances pratiques et traditions
Dans toute la baie de Milne, les célébrations sont l'occasion de renouer des liens et de faire vivre la culture. À la tombée de la nuit, les enfants se rassemblent autour du feu pour écouter les contes et les légendes que leur racontent leurs grands-parents, perpétuant ainsi les traditions. Les enfants apprennent à reconnaître les chants d'oiseaux qui les guident vers leur foyer, les plantes aux vertus curatives et à respecter les lieux sacrés de la forêt tropicale. Ici, identité, éducation et protection de la forêt tropicale sont intimement liées.

Lien avec la forêt tropicale
Dans de nombreuses communautés de la baie de Milne, la filiation se fait par les femmes, propriétaires des terres dans les sociétés matrilinéaires. La forêt tropicale est souvent appelée « mère », non par sentimentalisme, mais par reconnaissance. Elle leur fournit nourriture, médicaments, matériaux et protection ; elle est essentielle à leur survie. En retour, ces communautés en prennent soin avec savoir-faire et respect.
Les jardins regorgent d'ignames, de taros, de bananiers et d'aïkas. Les plantes médicinales soignent les maux du quotidien. Le bois sert à construire maisons et canoës. La forêt n'est pas un simple décor ; elle est un partenaire à part entière. La compréhension de ses rythmes fait de ces communautés les protecteurs les plus efficaces de la forêt tropicale au monde.
Ce lien profond avec la terre fait des communautés locales les meilleures gardiennes de leurs forêts. Elles comprennent le rythme des saisons, les migrations animales, la texture du sol et les signes du temps. Elles savent quand planter, récolter, chasser ou pêcher. Leur gestion, fruit d'un savoir ancestral, allie les pratiques modernes de conservation pour assurer la vitalité de la forêt tropicale.

Changement climatique et résilience
Le changement climatique met cette relation à l'épreuve. Les habitants en subissent les conséquences au quotidien. Des pluies imprévisibles ravagent les récoltes. Inondations et glissements de terrain menacent les habitations. La hausse des températures modifie la croissance des forêts.
Pour ces populations profondément liées à la terre, le changement climatique n'est pas une notion abstraite : il les touche personnellement. Pourtant, grâce à un savoir collectif, à des pratiques de jardinage durables et à une gestion forestière responsable, ces communautés continuent de s'adapter et de montrer l'exemple. Elles incarnent la véritable résilience.
Nous soutenons ces brillantes communautés de la forêt tropicale dans Papouasie-Nouvelle-Guinée Car ce sont les meilleurs gardiens de leurs terres. Avec les ressources adéquates, ils peuvent continuer à faire ce qu'ils ont toujours fait : protéger la forêt tropicale pour nous tous.